24 HEURES DU MANS 1978IMG_0411

     -Jean-Pierre JAUSSAUD

     -Didier PIRONI                    165px-Jean-Pierre-Jaussaud-by-Rundvald pironi

L'ALPINE DE LA VICTOIRE

     Au début des années 1970, en formule 3 et en rallye, le nom d'Alpine brille d'un bel éclat, mais rien de tel en endurance et prototypes. Claude Haardt et Jean Terramorsi, responsables compétition et moteurs chez Renault, sont pourtant tentés, mais ne sont pas entendus par la marque. C'est là qu'intervient un troisième larron; François Guiter, responsable communication chez Elf. Depuis que les accords Matra-Simca ont signé la fin du partenariat avec Elf en 1971, le pétrolier se trouve exclu des courses Sport-Prototypes, et, notamment des 24 Heures du Mans. Cet intervenant va réussir à commander à la régie un moteur 2 litres adéquat, commande assortie d'une demande de facture pour "essais spéciaux".IMG_0412

      Les études du nouveau moteur débutent au printemps 1972 dans l'usine Renault-Gordini à l'usine de Viry-Chatillon. il s'agit d'un V6 ouvert à 90°, dessiné par François Castaing, configuration qui présente des avantages d'un point de vue aérodynamique. Largement ouvert, l'angle constitué par les bancs de cylindres permet de disposer les accessoires, dessinés par Bernard Dudot. Le 21 Novembre 1972, ce moteur tourne au banc et developpe 270ch.IMG_0414

     Dénommée A 440, elle est une barquette assez classique, à la proue plongeante, batie autour d'un châssis tubulaire doté de radiateurs latéraux. Ses débuts sont encourageants, marqués par une victoire à Croix-en-Ternois. Les déconvenues se succèdent ensuite. L'A 440 se mue en A 441. Plus longue, cette évolution possède un moteur porteur. La puissance atteint 285ch. Parfaitement au point, la voiture se révèle imbattable au championnat 2 litres. Cette réussite donne des ailes à l'équipe, qui envisage un retour au Mans 1975.IMG_0415

     Durant l'hiver 1974-1975, Renault s'est engagé dans la voie du turbocompresseur. La cylindrée corrigée atteint alors 2794cm3 et 490ch à 9900tr/mn. Dénommée A 441 T, L'alpine munie de ce groupe s'impose dès sa première sortie en championnat du monde Sport, lors des 1000 km du Mugello. Pour l'épreuve suivante, Alpine dévoile sa nouvelle A 442, à l'empattement accru de 4cm. 

     Le retour au Mans s'effectue pourtant par la petite porte. En effet, le nouveau règlement, à l'heure de la "chasse au gaspi", n'étant pas favorable aux moteurs turbocompressés, Alpine tate le terrain. Ses espoirs reposent sur le "2 litres" atmosphérique de l'équipe Elf-Switerland, dirigée par Gérard Larousse. IMG_0416La voiture abandonnera à la huitième heure , victime d'une panne d'essence.

     En Avril 1976, le nouveau responsable de la compétition chez Renault, Gérard Larousse, décide de regrouper les deux services courses (rallye & circuit), installés à Dieppe, et devient Renault Sport. La saison 1976 sera décevante, l' A 442 ne peut s'imposer face aux Porsche. Pour la saison suivante, tout est mis en oeuvre pour une victoire Sarthoise, d'autant que les Allemands ont eux aussi privilégiés ce rendez-vous. Malheureusement, les trois voitures d'usine abandonnent, ainsi que la voiture semi-officielle pilotée par Didier Pironi, en feu dès le premier tour.IMG_0417

     L'epidémie de casse moteur est due à l'impossibilité d'éprouver les contraintes des hunaudières: une longue ligne droite sans chicanes. Dès l'automne 1977, les A 442 accumulent les essais sur la piste du Transport Research center de Columbus; dans l'Ohio. Dotée de voies élagies, l'Alpine possède un potentiel redoutable, et continue à évoluer. En Avril, l'équipe expérimente une bulle de plexiglas, améliorant l'aérodynamique, et donc la vitesse de pointe. renault_alpine_a442b_lemans_101

     Deux mois avant le pesage, une toute nouvelle A 443 fait son apparition, avec un empattement et une cylindrée accrue. Et là encore, la vitesse de pointe progresse. La voiture N°2 apparait comme l'A 443 avec une bulle de cockpit, ce qui lui vaut la dénomination d' A 442 B.Renault-Alpine-A442B_21 Après avoir joué les lièvres et épuisé les Allemandes les plus menaçantes, l'A 443 abandonne et laisse le champs libre à l'A 442B, qui l'emporte devand une Porsche. Cette année là, les Alpines ont l'avantage de la vitesse de pointe. Jean-Pierre Jabouille est chronométré à 362km/h, tandis que Jacky Ickx ne parvint pas à dépasser 338 km/h.alpinea442_lemans_1978

     A l'issue de l'épreuve, et malgré la joie de la victoire, un certain désappointement plane lorsque Bernard Hanon, directeur général adjoint chez Renault, déclare qu'Alpine ne reviendra pas au Mans. Priorité est donnée à la F1.

QUELQUES CHIFFRES

  • moteur 6 cylindre en V à 90°, turbo à mi-montée (?)
  • 1996 cm3
  • 392 Nm (40 mkg) à 8100 tr/mn
  • alésage x course: 86 x 57.3 mm
  • distribution: 2 x 2 arbres à cames en tête
  • 500 ch à 9900 tr/mn
  • propulsion, boite de vitesses Hewland manuelles à 5 rapports
  • empattement: 246.6 cm
  • pneus AV/AR: 240 x 560 x14/ 350 x 660 x 15
  • Longueur hors tout: 480 cm
  • largeur hors tout: 184 cm
  • poids: 715 kg
  • rapport poid/puissance: 1.44kg/ch
  • vitesse max: 352 km/h  

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